Visibilité queer, santé mentale et liberté de ton : Amandine Bart bouscule LinkedIn (et ça fait du biennnn 🥲)

S’exposer dans un monde pro hétéronormé ?

Adelphité
6 min ⋅ 08/07/2025

Amandine est une influenceuse LinkedIn (en tout cas, certain·es pourraient la qualifier ainsi, avec ses plus de 100 000 abonné·es sur la plateforme).

Alors oui, normalement là vous roulez de yeux….

Mais ne comptez pas sur elle pour célébrer sa capacité à travailler 16h par jour sans broncher, ni pour dérouler un discours bien rodé sur la morning routine à 4h du matin, censée booster la productivité.

Encore moins pour tenir un discours culpabilisant qui pousse à “oser se vendre coûte que coûte”, comme si tout se jouait à coup de personal branding et de volonté.

Oui, Amandine prend la parole sur ses réseaux professionnels. Elle parle de son métier, de ses réflexions sur le monde du travail, mais pas seulement.

Elle y parle aussi de santé mentale, de son hypersensibilité, d’homosexualité, d'homophobie, de ses doutes (les vrais, pas ceux qu’on met en scène pour mieux valoriser une pseudo-trajectoire méritocratique).

Et ça, il faut le dire, c’est encore loiiiiiiiiin d’être courant 😬.

Parce que oui, c’est important de montrer qu’il est possible d’exister autrement, y compris (et surtout) dans des espaces professionnels où l’on attend des parcours linéaires et des récits formatés.

Même si les profils comme Amandine sont rares, même si le monde du travail reste majoritairement pensé (par et) pour des personnes blanches, hétéros, cisgenres, il est important de montrer que certain·es y prennent place autrement.

Envie de connaître les coulisses de ses prises de parole et ses conséquences Des coulisses aux conséquences, on lui a posé toutes les questions. Ça tombe bien, on lui a posé toutes ces questions 😉.

❤️ Merci à Amandine pour sa bienveillance, sa (vraie) gentillesse. C’est un plaisir d’avoir eu cet échange, et encore plus de pouvoir le partager :

Hello Amandine, peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je suis Amandine Bart, experte en SEO et fondatrice du SEO Sans Migraine, une marque, une agence pour simplifier le référencement sans jargon ni prise de tête.

Mon métier, c’est de rendre le SEO compréhensible et surtout actionnable, que ce soit à travers mes accompagnements, ma formation 360 SEO, ou mes contenus sur LinkedIn et Substack.

Je vulgarise un sujet souvent vu comme technique, avec une approche pédagogique, concrète… et sans bullshit.

À côté de ça, j’ai une vraie volonté de prendre ma place en tant que femme dans un secteur encore très masculin.

Je parle aussi de management, d’hypersensibilité, de charge mentale, parce que monter sa boîte en étant douce, à l’écoute, empathique… c’est non seulement possible, mais nécessaire.

On n’a pas à devenir dur pour réussir. Être gentil·le, ce n’est pas un défaut, c’est une force. Être hypersensible, c’est mon plus grand atout depuis que je suis à mon compte.

Tu as expliqué avoir longtemps évité de parler de ta relation avec une femme à ton employeur. Pas par honte, mais parce que tu ne te sentais pas en confiance. Pourquoi ce réflexe reste-t-il encore si courant en entreprise d’après toi ?

Parce que l’homophobie est encore trop normalisée. Parce qu’on a trop souvent réduit ces sujets à une case "diversité" à cocher une fois par an en juin, sans se demander ce que ça implique au quotidien pour les personnes concernées.

Et puis, soyons honnêtes : beaucoup d’entreprises vivent dans leur bulle. Elles pensent qu’il suffit de dire "ici, on accepte tout le monde" pour que ce soit vrai. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche.

La sécurité, ce n’est pas un slogan, c’est un climat à construire. Ça demande de l’écoute, de la vigilance, de la remise en question.

Moi, je n’ai jamais eu honte. Mais je ne me sentais pas en confiance.

Et ce simple décalage-là, entre ce que tu vis et ce que tu peux dire, ça fatigue. Ça use.

C’est à l’entreprise de créer un espace où chacun·e peut venir entier·e, sans se demander s’il vaut mieux cacher une partie de soi pour ne pas subir de conséquences.

L’homophobie dans le monde du travail est bien plus présente qu’on ne le pense. Et plus décomplexée que vous pouvez l'imaginer. Mise à l’écart, messe basse, mise au placard, llcenciement abusif, discrimination et violences (physiques et verbales)…

C’est pour ça que le jour où j’ai lancé ma boite, j’ai mis en place tout un tas de petits green flags. Pour montrer à n’importe qui, qui nous rejoindrait, qu’il peut se sentir à l’aise et en sécurité de s’ouvrir : 

➡️ Je parle de ma conjointe à mon équipe ouvertement.

➡️ Je parle de l’homophobie que je subis au quotidien (même dans des petites situations) pour sensibiliser.

➡️ À l’entrée du bureau, on a imprimé « les valeurs des loutres » et dans ces valeurs qu’on a construites ensemble : on met en avant cette acceptation de l’autre avant tout.

➡️ Je propose à l’équipe de faire régulièrement des dons aux asso de leurs choix : et je propose notamment celles que je soutiens régulièrement.

➡️ J’ai rajouté un petit logo « LGBTQIA+ friendly » sur la fiche My business (et on m’a remercié pour ça a plusieurs reprises, même de la part de nos clients parce que « ça fait du bien et ça rassure »).

➡️ Je ne dis plus ton ou ta conjointe mais plutôt : la personne avec qui tu es (si je ne sais pas qui c’est, qu’on ne m’a pas encore parlé).

Les entreprises ne comprennent pas que c’est LEUR RÔLE d’ouvrir la discussion, les signaux, les greens flags sur ces sujets. Ils se disent “friendly” mais dans les faits, c’est rarement le cas et c’est pour ça que pour ma part j’ai eu peur pendant des années.

Est-ce que le fait d’assumer ton identité queer t’a déjà fermé des portes dans le monde pro ? Ou au contraire, est-ce que ça a renforcé des liens de confiance dans ton équipe ?

...

Adelphité

Par Adelphité France

Les derniers articles publiés