Quand des femmes financent la suppression de droits pour d’autres femmes

L’actualité récente concernant le droit des femmes trans en Angleterre rappelle à quel point la transphobie est une prolongation directe de la misogynie. Ce sont bien des femmes qui sont visées, poursuivies et exclues. TW : TRANSPHOBIE ⚠️

Adelphité
4 min ⋅ 19/04/2025

En février 2024, J.K. Rowling verse 70 000 £ à For Women Scotland, un groupe militant anti-trans qui refuse que les femmes trans soient reconnues comme femmes dans le droit. L’argent sert à relancer une procédure devant la Cour suprême. L’objectif est simple : obtenir que les femmes trans, même légalement reconnues, soient exclues de la définition du mot “femme” dans la loi.

Rowling ne fait pas un don privé. Elle publie un message de soutien, relaie la cagnotte, parle de “moment historique”.

En relayant la campagne à ses millions d’abonnés, elle a mobilisé une base déjà acquise à ses positions transphobes et accru la visibilité d’un groupe jusqu’alors marginal.

« Tu sais à quel point je suis fière de te connaître. Merci pour tout ton travail acharné et ta persévérance. C’est vraiment une affaire historique. » - JK Rowling, lors de sa donation

Et malheureusement en avril 2025, on l’a toutes et tous vu : la Cour suprême britannique a tranché. Le mot « femme » ne s’appliquera désormais qu’aux personnes de sexe féminin à la naissance.

J.K. Rowling a mobilisé son capital culturel et financier pour structurer une attaque juridique contre les droits des femmes trans.

Résultat ? Les femmes trans sont exclues des dispositifs de parité, et des protections qui en découlent.. Une “victoire” transphobe rendue possible par une infrastructure de consommation.

Chaque produit vendu, chaque jeu acheté, chaque lecteur·rice qui choisit de “séparer l’œuvre de l’artiste” alimente un réseau de pouvoir qui finance directement des campagnes contre les droits des femmes trans.

« Sur ce que j’achetais, elle touchait des royalties. J’ai décidé à ce moment-là d’arrêter de lui donner le moindre centime, parce que, vu que j’ai des amis trans, ça m’emmerdait très profondément de filer de la thune à quelque qui considère qu’ils ne devraient pas exister » - témoignage Marcus, article Transphobie : «Je ne veux plus lui filer de fric», ils ont boycotté Harry Potter à cause de J.K. Rowling pour La voix du nord, octobre 2023.

La cible affichée, ce sont les femmes trans. Mais la fonction réelle de ce féminisme, c’est d’imposer un système de classification.

C’est un mécanisme disciplinaire, qui définit, trie et hiérarchise les corps, en s’appuyant sur des critères naturalisés : sexe assigné, conformité de genre, respectabilité, blancheur, classe sociale.

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Adelphité

Par Adelphité France

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